Une communication difficile - Caroline Dumais
Caroline Dumais

Éternelle rêveuse et optimiste, pour moi la vie vaut la peine d’être vécue malgré tout. La perte de ma mère à un âge très jeune, 9 ans, a fait de moi une fille qui mord dans la vie et qui ne baisse jamais les bras. J’ai la chance d’être bien entourée avec ma famille et mes amis et amies. Alors, avec ce blog, je vais partager avec vous mes hauts et mes bas, au gré de mes envies…

Une communication difficile

Une communication difficile - Caroline Dumais

Je suis originaire de Comores, mais je vis au Québec depuis toute petite. Avant, je vivais à Brest avec mes parents. C’est là-bas que j‘ai connu Dhounou, comorien lui aussi. On s’est tout de suite attaché l’un à l’autre. Il était fervent défenseur de l’Islam, tout comme notre père. Après avoir fait la connaissance de Dhounou, mes parents n’ont plus voulu entendre parler d’un autre homme dans ma vie. À notre époque, je me dis que ce n’est plus aussi génial que les parents veulent encore contrôler nos vies amoureuses. Heureusement que moi aussi, je n’ai plus voulu connaître d’autres hommes, parce que sinon, j’aurais été obligée de devenir une fille désobéissante. En fait, comme je n’ai connu que ce monde-ci, je n’arrive pas à comprendre certaines de nos coutumes. Il y a certaines traditions qui sont révolues dans le temps et qui auraient bien besoin d’être mises à jour. L’année dernière, Fatima, la sœur de Dhounou est venue vivre chez nous quelque temps. Elle était venue pour se trouver un emploi infirmière, mais personne n’a voulu l’engager à cause de sa religion. Après trois mois de déception, elle nous a quittés pour l’Algérie. Là-bas, il lui a fallu deux semaines pour se trouver un emploi stable dans une clinique privée. Elle a réussi à se dégotter un contrat après un mois d’essai. En fin mars, elle nous a invités à venir lui rendre visite en Algérie. En passant, je trouve que c’est un très beau pays, et puis c’est toujours bon de se retrouver parmi des gens qui partagent notre foi. Les parents de Dhounou étaient présents. En fait, je n’avais pas encore fait leur connaissance. C’était les oncles de Dhounou qui étaient venus avec lui pour demander ma main. Ils habitaient également en France et nous nous sommes dits que c’était ce qu’il y avait à faire. Dhounou a expliqué la situation à ses parents et le fait que nous voulions leur présence, mais que nous n’avions pas les moyens de les faire venir jusqu’ici. Ils n’ont pas posé d’objection, mais ils ne sont tout simplement pas venus à notre mariage. C’était donc la première fois que nous allions nous rencontrer. La famille de Dhounou vient du Nord tandis que nous venons du Sud. Ses parents parlent très mal le français, et moi, je ne connais pas leur dialecte. Nous avions du mal à nous comprendre, et j’ai plutôt eu l’impression qu’ils ne m’ont pas apprécié.